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La France, terre d'accueil ?
a/ Une tradition de fraternité.
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Par tradition, la France est une terre
d’accueil
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De tous temps la France a été un centre attirant, proposant des principes
de portée universelle :
Cette tradition explique l'accueil des "Russes blancs" après
la révolution bolchevique d'octobre 1917, des arméniens fuyant le génocide
turc, des citoyens d'Europe centrale victimes des persécutions liées
à leur origine, des républicains espagnols après la guerre civile de
1936-1939.
Ainsi, la formation du peuple français est le résultat de brassages,
d'intégrations successives et notre civilisation s'est enrichie de ces
apports extérieurs.
Entre les deux guerres, la loi a
favorisé les naturalisations et accordé la nationalité française aux
enfants d’immigrés nés en France
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Les M.O.I.
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Certaines organisations politiques encadrent
étroitement les travailleurs immigrés: c'est le cas du Parti Communiste
Français qui se veut international. L'origine des futurs M.O.I.
vient de cet encadrement politique né avant guerre.
B
/ des français parfois tentés par la xénophobie
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Avec la grande crise,
l’attitude de la France et des français évolue
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Le phénomène migratoire
les frappe. En 10 ans, le nombre des étrangers est passé de 1
à 3 millions.
Ainsi dans le nord, les
Italiens nombreux ne sont pas toujours bien acceptés.On reconnaît le
fait que l’immigration permet de vite relever les ruines. Mais
on montre aussi un rejet.
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le racisme: L'image du tirailleur sénégalais
dans la publicité
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«- Comment la France a-t-elle accueilli les immigrés italiens?
- Beaucoup moins
bien qu’on ne le pense généralement. Les mauvaises relations
diplomatiques entre Rome et Paris, la concentration des Italiens
dans certaines zones du midi et la composition de cette immigration,
jeune, célibataire, peu qualifiée, encourageaient une très vive
italiophobie. En 1881, à Marseille, un incident banal donne
lieu à des chasses à l'homme pendant plusieurs jours. En 1893,
dans les Salines d'Aigues-Mortes, une vingtaine d'Italiens sont
tués à coups de pierres et de pelles. L'année suivante, à
Lyon, l'assassinat du Président Sadi Carnot par l'anarchiste Caserio
provoque de véritables émeutes xénophobes.
Sans compter le discours
xénophobe qui imprègne la presse. On désigne l'italien comme
primitif, barbare, on parle de nuées de sauterelles. Il y a une
véritable mythologie de «l'invasion» 1
Mais, souvent les communautés
vivent séparément, les étrangers se regroupant dans les même villages
et les mêmes quartiers, et les mariages ayant lieu à l'intérieur de
la communauté pour la première génération. La majorité des immigrés
sont des hommes jeunes, célibataires ou précédant la famille.
Les liens avec le pays sont maintenus par l'intermédiaire d'associations
culturelles.
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Les contemporains
les voient comme des immigrés même quand ils sont naturalisés
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On parle aussi de
danger sanitaire ! On évoque les scandales politico-financiers où sont
mêlés des étrangers. Sous le Front populaire, l'antisémitisme
grandit et les ligues en font un thème de contestation. Les journaux
s'emparent de ce thème facile à exploiter : l'étranger est désigné comme
le coupable du chômage.
Les étrangers dans
le pays noir
« Ils logent à 5 ou
6 hommes dans une seule maison. Ce n'est plus une maison,
c'est un campement. On a jeté de la paille à terre , de toilette,
ils n'en font guère ; on leur fait la réputation de colporter des
puces. Quel contraste frappant avec nos mineurs français si
soucieux de leur propreté qui se savonnent dans leur cuve au retour
de la mine et ne sortent qu'après avoir fait peau neuve. C'est
un étonnement unanime dans les corons que la saleté de la plupart
des étrangers...Il faut jeter un coup d 'oeil sur les salles des
tribunaux de la région minière : Béthume, Douai, Valenciennes.
On y voit fréquemment des gens à silhouette exotique assis sur les
bancs des prévenus. La police de la région minière devient
une des plus difficiles à assumer. Les vols se multiplient,
les gardes des compagnies n'osent plus intervenir dans certains
cas de peur de cruelles représailles. La brigade mobile de
la région du Nord a fort à faire dans le pays noir et c'est la plupart
du temps les méfaits des bandes d'étrangers qui nécessitent leur
intervention.» 2
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Des « métèques »
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Les comportements
quotidiens, le vocabulaire et notamment l'emploi fréquent du mot «métèque»,
le succès de certains journaux racistes montrent une attitude de plus
en plus raciste.
Ainsi, en 1939, les réfugiés
espagnols ne sont pas toujours très bien accueillis :
A Agen, une certaine
partie de la population ne nous acceptait pas du tout, car nous
représentions pour elle "la horde sauvage des rouges".3
Avec la crise de 1929,
cette attitude de rejet s'amplifie, et les Allemands joueront sur cette
xénophobie lorsqu'ils mettront en avant le caractère étranger de leurs
fusillés.
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C/
Vichy un état raciste.
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Exclusions et dénaturalisations
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Vichy se montre
volontiers xénophobe. Dès juillet 1940, Pétain exclut les fonctionnaires
nés de père étranger.
En théorie le réfugié
politique doit être protégé. En réalité les réfugiés espagnols
par exemple sont "parqués" dans des camps du sud-ouest, à
Argelès, Gurs ou d'autres dans des conditions souvent déplorables.
On renforce les contrôles et les expulsions du territoire. On
dénaturalise facilement en 1940 des italiens, des juifs.
L'étranger est présenté
comme "une menace" qui justifie l’internement.
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Des camps pour « individus dangereux »
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Le premier camp
en 1939 est destiné "aux étrangers à surveillance spéciale permanente
dans l'intérêt de l'ordre et de la sécurité publique".
Les Espagnols et les étrangers qui rentrent des Brigades internationales
qui ont combattu Franco sont particulièrement désignés. A Gurs,
on interne les "individus dangereux pour la défense nationale
et l'ordre public".
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«Il fallait
organiser la survie à l'intérieur des camps. Il y avait ceux
qui mangeaient et ceux qui n'y parvenaient pas régulièrement.
Le logement continuait d'être celui des huttes de roseaux et de
chiffons. Il fallait se débrouiller pour ne pas mourir de
froid. La démoralisation gagnait surtout les personnes âgées
et celles qui avaient perdu leur famille.
Cette situation
se prolongea dans certains camps jusqu'à juin. La construction
de baraques, même tardive changea totalement l'aspect misérable
de ces bidonvilles concentrationnaires.
La création des
Compagnies de Travailleurs espagnols d'abord composées de volontaires
décongestionna les camps.
Les gens étaient
fatigués d'avoir faim fatigués de dormir sur le sable ; fatigués
de tramer des poux ; fatigués de la dysenterie que provoquait l'eau
qu'on tirait des pompes plantées dans le sol sablonneux près de
la mer -, fatigués de voir les sentinelles, baïonnettes au canon
, fatigués des marchés noirs , fatigués, enfin, de voir tous les
jours des morts transportés sur les brancards
Ceux qui ne voulaient
pas se soumettre risquaient d'être refoulés vers l'Espagne.
Les suspects politiques étaient emmenés au fort de Collioure où
ils étaient soumis à un régime pénitentiaire très sévère.
L'évasion, tentation obsédante de celui qui se trouve enfermé, conduisit
grand nombre en Maison d'arrêt... et ils se voyaient accusés d'avoir
transgressé la loi sur le séjour des étrangers en France.
C'était alors la prison de Toulouse» 4
500 000 espagnols réfugiés
sont ainsi internés. Ils se voient refuser le statut de réfugié
politique et beaucoup seront déportés à Mauthausen ou Buchenwald.
Dans la crainte d'une
"cinquième colonne" suivant les armées allemandes, les Allemands
et les Autrichiens sont ainsi enfermés. Ainsi, dès 1940, les réfugiés
politiques allemands, autrichiens et tchèques sont arrêtés et emprisonnés
comme « ennemis de la France ». Ils sont alors internés dans les camps
français : le camp du Vernet en Ariège, celui de Gurs où on compte en
1941 3526 Allemands. Lorsqu'en décembre 1942, Hitler ordonne l'arrestation
de tous les ennemis de l'Allemagne se trouvant en France, Vichy livre
les exilés allemands et beaucoup mourront dans les camps de déportation.
« L'histoire
des conditions de vie et de la lutte armée des réfugiés allemands
en France est un sujet encore mal connu et peu analysé... Début
1939, des milliers d'émigrés allemands antinazis, réfugiés politiques
et raciaux des années 30, découvrent que le droit d'asile n'a plus
cours et qu'ils sont désormais traités comme ennemis, jugés « indésirables
». A la déclaration de guerre, certains d'entre eux se portent volontaires
dans l'armée française mais se heurtent au refus de Daladier.
Leur situation s'aggrave avec la signature de l'armistice aux termes
duquel, le gouvernement de Vichy s'engage à les livrer au III ème
Reich. » 5
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L’antisémitisme
à la française
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Puis en juillet
40, c'est le tour des "étrangers de race juive" enfermés aux
"Milles" ; qu'ils soient immigrés des pays d'Europe Centrale
ou Français, les juifs sont devenus indésirables.
En effet, Vichy
est rapidement devenu un Etat antisémite qui exclut. Dès le 3
juillet 1940, le statut des juifs les exclut de la fonction publique
et des professions en relation avec le public : éducation, presse, cinéma...
En mars 1941, un Commissariat aux questions juives est créé. En
juin, le recensement devient obligatoire et les juifs doivent porter
l'étoile jaune en mai 1942.
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Vichy complice de
l’extermination
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La complicité de
l'Etat de Vichy avec les Allemands ne fait aucun doute et les récentes
déclarations de l'Eglise ou de la police le rappellent. Vichy
participe à la solution finale en acceptant et en aidant à la déportation.
En juillet 1942, la police française participe à la rafle du Vel' d'hiv
où l'on arrête près de 13000 personnes.
Sur les 300 000
juifs vivant en France, 75 000 ont été déportés vers Auschwitz principalement,
et alors que les allemands n'exigeaient que les juifs étrangers et les
adultes, Vichy a déporté aussi les enfants.
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notes:
1. Entretien avec R
Sole. "Le Monde" - 1985
2. article du "Réveil du Nord"
3. Juana Morente. 28 /09/ 1996. Le Patriote-Résistant
n°687
4. J Carrasco, Le Patriote Résistant. Avril 1996
5. d'après Barbara Vormeier, Maître de Conférence à Lyon 2
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Mise en page par Lisa PEYRARD
- 3A - 2001
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