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Nous l'avons vu, la résistance en France n'a parfois
été qu'un concours de circonstances.
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Des étrangers qui se trouvent en France
lors de la guerre entrent tout naturellement dans la Résistance
pour poursuivre là le combat contre une idéologie qu'ils repoussent.
Sans doute sont-ils plus clairvoyants et plus combatifs parce
que eux et leur famille savent déjà par expérience ce qu'est la
dictature.
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« Pour eux, c'était l’âge de la maturité :
le poète Manouchian arrivé d’Arménie, Epstein ( le colonel Gilles)
issu de la bourgeoisie polonaise, Bertie Albrecht fille de banquier
suisse et femme d’un homme d’affaire polonais… Bannis de leur pays
ou venus de leur propre gré, les étrangers participent aux mouvements
de résistance.
Le drame espagnol est pour les étrangers aussi
une leçon de chose. Le fascisme pour eux c’était du vécu… Des milliers
d’Espagnols croupissent dans les camps d’internement pour les punir
de leur antifascisme
Les étrangers vivent les espoirs et les drames
de ceux qui les ont accueillis. Ils s'insurgent comme eux.
Ils se battront avec eux.
Les accélérations de l'Histoire favorisent de
nouveaux liens. Elles associent les vies les plus diverses.
Les unes ont entendu prononcer Hitler en Allemand, d'autres Mussolini
en Italien ou Franco en Espagnol. Le fascisme s'identifie à
Pilsudski en Polonais ou à Horthy en Hongrois.
Plus de 100 000 étrangers se portent volontaires
dès 1939 pour défendre les frontières françaises, car il est temps
de mettre un terme aux ambitions d'Hitler et de Mussolini. Ils
vivront douloureusement la capitulation...
Certains décideront de ne pas abdiquer.
Les feuilles ronéotypées, à l'encre mal séchée, à peine lisible...
Chacun fait ce qu'il peut, où il peut le faire...
Qu'importe leurs noms et leurs origines... »
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Pour certains
la libération de la France n'est que le premier pas vers la libération
de leur propre pays. C'est le cas par exemple de certains
espagnols. La résistance en France est la poursuite de la
guerre commencée en 1936 contre Franco. Ils créent alors
des organisations spécifiques qui ont un but plus lointain : la
reconquête de la démocratie et de leur pays .
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Pour d'autres,
la lutte aux côtés de la France, c'est le ralliement à la patrie
d'adoption, la pleine adhésion à la résistance pour les mêmes
motifs que les Français. Ils luttaient pour la patrie, celle
qu'ils avaient choisie. Au président de la Cour Martiale
qui lui demandait pourquoi, étant Italien, il combattait dans
la résistance en France, Spartaco Fontano a simplement répondu
« pour un ouvrier, la Patrie, c'est le pays dans lequel il a trouvé
du travail ». Ils ne sont pas vraiment des étrangers qui s'engagent
dans la Résistance, mais des résistants à part entière qui s'engagent
pour la libération du territoire adopté. Comme les Français,
ils luttent dans les réseaux, dans les maquis ou dans les formations
extérieures.
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Ainsi, pour les immigrés
économiques, résister c'est s'intégrer à la patrie, alors que les réfugiés
politiques ont un projet plus lointain qui concerne leur propre pays,
encore plus évident lorsque l'on considère les militaires en transit
sur notre sol.
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Tous veulent
« libérer la France, abattre le fascisme, créer un monde meilleur
de Paix, de Liberté et de Justice. »
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« Joseph Torralba perçoit clairement que tout
patriote, toute femme et tout homme épris de liberté. la seule et
unique lutte à mener en France défaite, doit lutter contre l'envahisseur
et contre ceux qui veulent collaborer avec lui » 2
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Enfin, les juifs sont surtout poussés par la
politique d'extermination suivie aussi par le gouvernement de
Vichy. Le port de l'étoile jaune, les rafles poussent les
juifs français et étrangers de la zone nord vers Lyon. Là
des organisations d’entraide se sont mises en place pour leur
procurer des papiers, un travail, un logement… certains rejoignent
les organisations de résistance : résister , c’est résister
pour la survie de leur peuple.
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Dora Schaul
« Ne dites pas que j’ai été une femme extraordinaire.
C’est la vie, ce sont les circonstances qui te façonnent. Ce que j’ai
fait, d’autres l’auraient fait dans des situations analogues.
Quand en 1940, l’armée allemande a envahi la
France, ce n’était pas mon armée qui arrivait. J’ai affronté la difficulté.
Etre juive et allemande comportait des risques
Mais la passivité n’engendre pas la sécurité.
Autour de moi, dans ma famille, ceux qui sont restés passifs ont disparu… »
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