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Des Soviétiques chez Madame Champion
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Des évadés des stalags allemands.
Madame Marie-Joséphine Champion de Verberie a caché
et hébergé plusieurs Soviétiques évadés des camps de prisonniers allemands.
"Oh oui, je m'en souviens:
il y avait Nicolas Lobanof, Grégori Marchenko, un petit peu plus tard
Dimitri Kousnetzof et Nicolas Pletoulhin, un soviétique qui s'est
trouvé lui aussi au maquis du Bois de l'Isle. Elle explique.
Un soir, Monsieur Benard de
Saint-Sauveur arrive avec deux gars trouvés dans la forêt de Compiègne
par des bûcherons et Nedovitch, un polonais de Vaucelles. Ils s'étaient
échappés d'un train qui arrivait d'Allemagne. Ils étaient restés deux
jours sans manger. Ils ont fait comprendre par gestes qu'ils avaient
faim.
Et puis, on les a cachés ç Saint-Sauveur.
Ils ont même travaillé dans une usine de Béthisy, camouflés en Polonais.
Mais, c'était une solution provisoire beaucoup trop dangereuse. Et
c'est alors qu'ils sont arrivés chez moi.
Un jour, on a amené Dimitri Kousnetzof.
Lui est toujours resté à la maison. C'était un officier. Il ne voulait
pas s'aventurer pour faire des sabotages: il était souffrant.
Je les ai habillés avec des vêtements de mon
mari. Dimitri n'a jamais voulu quitter son pantalon russe. Il n'a
jamais voulu me le donner pour le laver. Il gardait une médaille de
Russie à laquelle, il tenait beaucoup.
Les maquis
Un jour les gendarmes français sont venus prévenir
que les clandestins devaient disparaître car des dénonciations étaient
parvenues à la gendarmerie. Je n'ai pu leur donner dans un sac que
quelques pommes et un morceau de pain : c'est tout ce que j'avais.
Ils se sont cachés dans les bois, puis chez Lodivitch un Russe blanc
qui vivait à Néry, marié avec quatre enfants. C'est à ce moment là
qu'ils ont pris le maquis, d'abord à Saint-Sauveur dans la propriété
de Monsieur GONIN.
Grégori était instituteur en Russie. Il était
courageux. Il est allé avec d'autres chercher un camion de munitions
et Ils se sont fait surprendre. Grégori a pu se sauver.
Nicolas Lobanof ... Ah ! Quel bon gars c'était...
Je crois qu'il était électricien. Tous étaient célibataires sauf Vladimir
Kousnetzof qui était marié. Il avait une fille. Sa femme... Je crois
qu'il l'avait surprise avec un allemand. Il était très triste.
A l'enterrement de Derevinski qui fut tué le
31 août, tous les Russes pleuraient leur camarade. C'est Monsieur
Bernard qui a continué de veiller sur sa tombe »1
Ainsi, certains soviétiques qui résistent en France
se sont évadés des camps de travail où les Allemands entassent civils
et prisonniers de guerre dès 1942.
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Des russes blancs
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Boris Vidé et Anatole Lewitzki sont tous deux d'origine
russe, immigrés de 1917, naturalisés français. Ethnologues, ils fondent
l'un des premiers réseaux de Résistance surnommé le « Musée de l'Homme
». Arrêtés, ils ont été condamnés à mort et fusillés en février 1942.
La comtesse Vera Obolensky, arrêtée
en 1943 .
"Je suis née russe, j'ai passé toute ma vie
en France, je ne veux trahir ni ma patrie, ni celle qui m'a donné
asile. Je suis chrétienne et croyante, c'est pourquoi je ne peux pas
être antisémite..." déclare la comtesse Vera Obolensky lors de
son interrogatoire à la gestapo. Elle a été décapitée à Berlin en
1944
La princesse Volkonski s'est illustrée comme infirmière
bénévole dans les maquis de Dordogne.
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Des déserteurs de l'Armée allemande
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D'autres soviétiques, incorporés de force dans la Wehrmacht
comme l'ont été les Alsaciens-Lorrains, ont déserté.
Le 15 août 1944, deux bataillons de la 30ème
division Waffen SS arrivent, de Prusse orientale, en Franche-Comté
pour lutter contre la Résistance, très active dans la région. Les
deux unités sont composées en majorité de soldats ukrainiens de l'Armée
Rouge, faits prisonniers par l'année allemande
Les responsables FFI locaux, surpris par la discipline
de ces unités et leur comportement correct vis-à-vis des copulations
civiles, prennent contact avec eux et leur proposent de passer au
maquis.
Le premier bataillon - environ 800 hommes - va
rejoindre la Résistance le 27 août après avoir massacré les quelque
200 Allemands de l'unité (officiers, sous-officiers et hommes de troupe).
L'armée allemande se lancera vainement à leur poursuite.
Les Ukrainiens vont alors participer aux combats
contre les Allemands .
L'autre bataillon déserta au cours d'une manoeuvre
de nuit après avoir liquidé ses officiers.2
D'autres déserteurs russes ont rejoint le détachement
« Jacquou le Croquant» près de Périgueux et participé aux combats pour
la libération de la Dordogne. Ils étaient encadrés par trois officiers
de l'Armée Rouge Ivan Pilipenfo, Victor Alekseenko et Grégoire Chaverdachvili
qui s'étaient évadés alors qu'on les conduisait au camp du Struthof.
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