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Nous l'avons vu à travers les différents témoignages, les résistants vivaient dans la crainte d'être pris, ils étaient sans cesse aux aguets, se méfiaient de tout. "J'avais la trouille." ' dit simplement Arsène Tchakarian du Groupe Manouchian. Peur de la dénonciation, peur de l'arrestation, peur de la torture, peur de pas "tenir". Hélène Mabille par exemple a été dénoncée par "Un gars qui a craqué" lors d'un interrogatoire. L'interrogatoire d'Hélène est long et pénible "Ils voulaient des noms"...
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Au mois de novembre 1943, vingt-trois membres du groupe de Missak Manouchian furent arrêtés. Ces F.T.P-M.O.I parisiens étaient essentiellement d'origine étrangère. Ils harcelaient l'occupant en multipliant les attentats dans Paris. Mais les Allemands entamèrent des filatures qui aboutirent au démantèlement du groupe et à l'arrestation de nombreux résistants. Pendant les interrogatoires, personne ne parla. En février 1944, le procès des 23 fut précédé d'une campagne d'affiches, la tristement célèbre "Affiche rouge". Les Allemands jetèrent aussi des tracts par avion sur Paris et la presse de collaboration annonça largement le procès. |
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« Des libérateurs '? » disait l'Affiche qui insistait sur le caractère étranger de la résistance en insistant sur la nationalité des MOI. L'occupant voulait démontrer le caractère terroriste, sanglant et cruel des actions du groupe Manouchian. La radio, les actualités au cinéma Parlaient "des communistes, Juifs, assassins." :
Le 21 février 1944, les 23 sont condamnés à mort. Le procès n'en a pas été un : une seule et courte audience. Ils étaient condamnés par avance. Les hommes sont emmenés à Fresnes, puis au Mont Valérien. Vers midi, on leur donne une cigarette, une plume avec du papier pour leur dernière lettre. Il faisait beau, il y avait du soleil. Dans leurs derniers mots, ils ne regrettent rien. « Je m'étais engagé en soldat volontaire » dit Missak Manouchian. « Ce serait à recommencer, je serais encore le premier » affirme Célestino Alfonso. A trois heures, ce 21 février 1944,ils ont été fusillés. Olga a été déportée en Allemagne, à la prison de Stuttgart où elle a été décapitée à la hache dans la cour de la prison. Tous sont fiers de leurs actions dans la Résistance et sont persuadés que la victoire est proche et qu'un monde meilleur attend les survivants : «Je meurs à deux doigts de la victoire et du but... avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille» dit Manouchian à sa femme. |
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