4. Les
combats de la libération
Beaucoup d'étrangers
tomberont aussi au cours des combats qui se déroulent en France à partir
de 1944. Dans notre région, les Polonais ont largement contribué
à ces combats :
« ... comme dans le Vercors, à la Ricania,rie
près de StEtienne où un cimetière réunit dans leurs dernières demeure
partisans français et polonais. A Montceau les mines reposent
les F.F.I. du Bataillon « Adam Mickiewicz » qui participe
à la libération d'Autun. Des aviateurs polonais « morts
pour la France », sont enterrés près de chez nous, au cimetière
de la Doua, à Bron, ce sont des soldats et des résistants tués en
1944. ceux qui s'engagèrent dans les F.F.I. du Vercors et la plupart
ont été tués à Vassieux en Vercors lors de l'attaque allemande de
juillet 1944. » 1
Fin Août 1944, les
éléments de la lère Armée Française ne sont qu'à quelques kilomètres
de Saint-Etienne et Saint-Chamond. Les blindés alliés sont à Grenoble
et foncent sur Lyon. Depuis une semaine, Paris est libéré.
A Lyon, rien ne semble prêt pour suivre cet exemple. La Résistance
locale prend l'initiative du soulèvement, parmi elle, les F.T.P-M.O.I
du groupe Carmagnole
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L'étincelle
de Villeurbanne
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« Le
24 août, des éléments de Carmagnole sont réunis en limite de Villeurbanne
et Lyon. Ils ont l'intention d'attaquer le garage de la Croix-Rouge
et de s'emparer des camions. Passe à vitesse réduite un train
de troupes. Les Allemands, apercevant un groupe en armes et
muni de brassards ouvrent le feu et alertent aussitôt d'autres unités.
Du côté des M.O.I., un blessé, Jean-Edouard Ottavi. un Corse, mais
surtout la menace de l’encerclement.
A Villeurbanne, la nouvelle de l'échauffourée s'est répandue en quelques
instants : «les gars du maquis sont là ! ». Aux fenêtres apparaissent
des drapeaux. La Mairie, le commissariat sont occupés sans aucune
résistance des centaines de volontaires arrivent, jeunes, vieux, avec
de vieux fusils de chasse échappés à la réquisition. Les milices patriotiques
occupent les usines, et Lefort (George Filip) envoie des agents de
liaison vers son maquis de Saint-PIerre-la-Palud, d'autres vers le
détachement « Liberté » afin qu'ils rejoignent Villeurbanne assiégée,
ainsi que vers les Américains.
Depuis 11 heures, les tramways ont cessé de circuler dans toute l'agglomération.
Les rapports Allemands évoquent quelques soulèvements dans les banlieues
lyonnaises. Un peu partout, les Allemands devenus très nerveux tiraillent
au hasard. Il y a des morts. Les obus pleuvant sur Villeurbanne,
les barricades tombent une à une, mais se reconstituent sur Vénissieux
et à la Croix-Rousse. L'occupant ne semble pas disposé à livrer
un combat à mort et se prépare déjà à l'évacuation. après avoir dynamité
les ponts du Rhône et de la Saône.
L'insurrection
s'étend.
Pourtant le Comité de libération sait qu'une
aide extérieure est nécessaire, d'où l'appel aux maquis de l'Ain et
surtout le télégramme à Alger : «Guérillas déclenchées Lyon avec armement
dérisoire. Effectif allemand faible. Possibilités illimitées
si armement envoyé d'urgence. Grève générale déclenchée comme
opération entrant dans cadre action militaire. Nécessaire soutien
armé pour efficacité complète et protection outillage. »
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La nouvelle de l'insurrection
de Villeurbanne déclenche le combat des maquis environnants comme à
Pusignan où la famille Torralba participe à la bataille:
Le 26 août, ce fut le repli sur Pont-de-Chéruy,
avec mon père, et mes deux frères et ce contingent de braves volontaires
dans des véhicules qui sortaient d'on ne sait où. La nuit même
se forma le Bataillon Henri Barbusse avec à sa tête Baptiste Saroglia
venu avec ses hommes du Maquis d'Aiguebelette. Le maquis, mal
armé, va faire face à un millier d'Allemands bien équipés à Pusignan.
Il résiste une journée entière. Les pertes sont lourdes.
Parmi les morts, Joseph le père. Paul, le frère, est blessé.
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Le Samedi 2 septembre,
la ville est réveillée par des explosions: les ponts sautent.
Mais les Allemands se retirent. Le 5, Joseph Torralba défile avec
la division Brosset et les bataillons FFI et FTP, place Bellecour.
Promu lieutenant, il continue le combat dans la région du Col de Tende
avec d'autres volontaires encadrés par des officiers résistants.
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