V. Après la Résistance
2. Le départ ou l'intégration |
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Que sont devenus ces étrangers qui ont combattu dans les rangs de la Résistance Française quand ils ont échappé à la mort ?
Certains sont repartis dans leur pays d'origine, soit parce que le pays d'origine en pleine reconstruction avait besoin d'eux, soit parce qu'ils espéraient bâtir le pays dont ils rêvaient.
Certains Espagnols repartent aussi clandestinement poursuivre le combat contre une autre dictature qui les a chassés quelques années plus tôt. Christino Garcia est de ceux-là. Il avait été le jeune commandant des guérilleros qui s'étaient illustrés aux combats de la Madeleine près d'Anduze.
Pour Ara, un arménien, le départ s' explique par une difficulté à vivre en France. Il dit qu' :
Certains étrangers décident de rester en France et demandent parfois la naturalisation qu' ils obtiennent plus ou moins facilement d' après les témoignages:
Pourtant, le Gouvernement de la Libération mit fin aux mesures qui frappaient les immigrés. La nationalité française fut restituée à ceux qui en avaient été injustement privés par Vichy. Un statut bienveillant accordait un droit de cité aux réfugiés qui avaient subi des persécutions pour des raisons politiques et raciales. En reconnaissance des services rendus, on leur attribua les droits des anciens combattants, les décorations, les pensions dans les mêmes conditions que les nationaux. Dans beaucoup de régions, la xénophobie a diminué en raison de la victoire commune. Dans le nord, les polonais, les italiens ont été mieux intégrés après la résistance. Le racisme a reculé parce que la libération prend l'aspect d'une victoire commune. Ainsi la Résistance a été un puissant facteur d'intégration dans la communauté nationale. Après tant de combats, de sacrifices, de risques aux côtés de camarades français, les résistants étrangers se sont sentis mieux acceptés et la France est réellement devenue leur patrie d'adoption. Les droits de l'Homme ne vont pas sans les devoirs correspondants. C'est parce que les résistants étrangers l'avaient compris qu'ils sont devenus français totalement, " Français non par le sang reçu, mais par le sang versé."
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-------- 1. Edouard Renn. Le résistant du Rhône.
1996 |